Faire médiation , plus important que faire des médiations

L’idée fondatrice du Groupe Médiations est d’aider les acteurs de l’Enseignement catholique, équipes éducatives, communautés éducatives, équipes de direction, responsables à « Mettre les conflits à portée de voix » et à « Accompagner les changements ».

Chaque année, nous faisons l’expérience :
– qu’une médiation, lorsqu’une crise survient, peut aider à réamorcer un dialogue devenu difficile voire impossible, à faciliter une reprise d’initiatives,
– qu’une médiation peut aider les acteurs de l’institution qui abordent une période de changement et souhaitent mobiliser l’intelligence de tous,
– que la médiation est plus vaste que des médiations cadrées telles que nous sommes amenés régulièrement à les conduire avec une méthodologie rigoureuse.
La médiation, en effet, est d’abord l’activité du langage, la possibilité de s’entendre ou de se mal-entendre de manière acceptable grâce au langage. C’est lorsque la communication est entravée par les interprétations, les jugements, les réactions immédiates, les prises de position qu’une médiation avec intervention d’un tiers peut aider à en retrouver le chemin.

Lorsque les acteurs de l’institution font appel au Groupe Médiations, nous sommes attentifs à accueillir d’abord leur difficulté, à voir avec eux ce qui peut leur être utile. Nous sommes frappés par la solitude dans laquelle bien souvent se trouvent les responsables d’établissement ou de tutelle. En situation perturbée ou complexe, la solitude expose à des maladresses relationnelles ou méthodologiques susceptibles de créer ou d’accroître des tensions, des malentendus.

Lorsqu’un médiateur est sollicité, son premier interlocuteur a d’abord besoin d’un tiers non impliqué qui l’aide à nommer la situation, à la réfléchir et à identifier les autres acteurs concernés. Nous sommes attentifs à ne pas aller trop vite vers une médiation collective, ni d’ailleurs vers une médiation, mais à discerner, avec ceux qui nous sollicitent, comment les aider à ouvrir ou soutenir une possibilité pour eux de « faire tiers » auprès de leurs équipes ou collaborateurs et de relancer ainsi la médiation ordinaire du langage. Ce premier temps suffit parfois et le médiateur se retire.

Ce premier temps peut déboucher sur une proposition de médiation adressée aux acteurs par l’autorité légitime. Un autre moment important est alors celui de la première rencontre des médiateurs, sur place, avec les protagonistes impliqués dans le conflit ou le projet. Ceux-ci font part aux médiateurs de leur difficulté et questionnent la proposition de médiation qui leur est adressée. Nous savons que la médiation fait son oeuvre dès ces entretiens singuliers et nous les invitons à réfléchir à qui ils aimeraient faire savoir ce qu’ils disent aux médiateurs. C’est la fameuse question : « qui est l’autre pour vous ? » l’autre trop loin ou l’autre trop proche ?

La médiation poursuit son chemin lorsque, en amont d’une médiation collective acceptée, les médiateurs invitent le collectif à réunir une douzaine de personnes qui iront en médiation, en donnant une seule consigne : « veillez à ce que soient présents les différentes sensibilités, les différents métiers, les différentes expériences ». Les médiateurs indiquent ainsi que l’espace de cette médiation n’est pas régi par la légitimité hiérarchique ou la légitimité représentative mais par une égalité de parole entre des sujets. A l’ouverture d’une médiation, nous avons souvent entendu les personnes présentes nous dire : « vous savez, ce ne fut pas facile, mais la médiation a déjà commencé avec la constitution de notre petit groupe ».

Extraits du rapport d’activités du Groupe Médiations 2014